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Ayinɔnxwé et Nuyɔyɔ 2026 à Vakon-Gbo Les Ayinɔnvi célèbrent leur identité et honorent leurs ancêtres

Ayinɔnxwé et Nuyɔyɔ 2026 à Vakon-Gbo

Les Ayinɔnvi célèbrent leur identité et honorent leurs ancêtres

( Mention honorable pour le comité d’organisation)

La troisième édition de la fête identitaire des Ayinɔn dénommée Ayinɔnxwé, couplée à la fête de la nouvelle igname et du nouvel haricot (Nuyɔyɔ), s’est tenue du 26 au 30 août 2026 à Vakon-Gbo, dans la commune d’Akpro-Missérété. Cinq jours de prières, de danses traditionnelles, de retrouvailles et de célébration du patrimoine ancestral ont réuni les fils et filles de la dynastie royale Ayinɔn, en présence des têtes couronnées, du doyen du collège des Xwédutɔ de la dynastie royale Ayinɔn et de plusieurs gardiens de la tradition.

A Vakon-Gbo, dans la commune d’Akpro-Missérété, les tambours, les chants et les danses traditionnelles ont rythmé, du 26 au 30 août 2026, la troisième édition de la fête identitaire des Ayinɔn, communément appelée Ayinɔnxwé. Cette célébration, qui rassemble les différentes collectivités de la dynastie royale Ayinɔn, a été couplée avec Nuyɔyɔ, la fête consacrée à la nouvelle igname et au nouvel haricot.

Pendant cinq jours, les fils et filles Ayinɔn ont renoué avec leur histoire, leur culture et leurs pratiques ancestrales. Prières, cérémonies rituelles, danses traditionnelles, dégustation de nouvelle igname accompagnée de nouvel haricot et moments de retrouvailles, sans oublier la grande messe catholique d’action de grâce, ont constitué les principaux temps forts de cette manifestation placée sous le signe de la transmission de la mémoire collective.

Une célébration ancrée dans la mémoire ancestrale

Pour les organisateurs, Ayinɔnxwé n’est pas une invention récente. La manifestation s’inscrit dans une tradition héritée des générations précédentes et vise à maintenir vivant le lien entre les descendants Ayinɔn et leur patrimoine.

Germain Dassi, secrétaire du comité d’organisation et président de l’Organisation des élites pour la sauvegarde du patrimoine ancestral (OESPA), a insisté sur la dimension historique et spirituelle de cette célébration.

Selon lui, la période ouverte par la récolte de la nouvelle igname correspond à une nouvelle année traditionnelle, appelée « année Heelu », qui s’étend sur huit lunaisons. Cette période, explique-t-il, commence avec la récolte de la nouvelle igname et s’achève lorsque les nouvelles têtes d’igname mises en terre atteignent leur maturité.

Dans la cosmogonie défendue par les organisateurs, l’igname, appelée Tévi, et le haricot (Ayivi) occupent une place particulière. Au-delà de leur valeur alimentaire, ces deux produits revêtent une dimension spirituelle et rituelle importante dans la tradition ayinon.

« Le Tévi représente le principal des présents offerts à l’Ancêtre à l’époque, compte tenu de ses vertus spirituelles et de la qualité du personnage qu’est Ayinɔ », a expliqué Germain Dassi.

Tévi et Ayivi, au cœur de l’identité Ayinɔn

Pour les gardiens de cette tradition, le Tévi et le Ayivi accompagnent le Ayinɔnvi tout au long de son existence, de la naissance jusqu’à l’au-delà. Ces deux éléments sont notamment associés au rituel de sortie du nouveau-né, étape qui, selon la tradition rapportée par les organisateurs, permet à l’enfant d’être pleinement reconnu comme Ayinɔnvi.

« Le Ayivi et le Tévi sont indispensables pour être appelé Ayinɔnvi », a rappelé Germain Dassi, soulignant que la célébration actuelle constitue avant tout un acte de transmission.

La cérémonie vise ainsi à rappeler aux jeunes générations leurs origines et les pratiques qui fondent leur appartenance à la communauté. Une démarche que les organisateurs souhaitent inscrire dans la durée afin que les descendants puissent à leur tour perpétuer les rites et les valeurs hérités des ancêtres.

Ayinɔnkɔn, un haut lieu de mémoire

L’édition 2026 a également permis de mettre en lumière Ayinɔnkɔn, présenté par les organisateurs comme un haut lieu de mémoire de la dynastie Ayinɔn.

Selon le récit traditionnel rapporté lors de la cérémonie, Ayinɔnkɔn serait lié à Ayinɔ Axɔlu Heelu, Axɔlu Agbanta Mayɔn Hwekpon, considéré comme l’ancêtre fondateur. Plusieurs vestiges, forêts sacrées et divinités sont présentés comme portant encore les traces de cette période.

Les organisateurs évoquent notamment un espace historique qui s’étendrait de Djassin à Vakon, en passant par Luwo, les bas-fonds d’Avagbodji et jusqu’aux environs de Sakété. Ils présentent cet environnement comme un ancien espace d’échanges, de circulation et de rassemblement.

Germain Dassi a, par ailleurs, appelé à une meilleure protection de ces sites, estimant que la sauvegarde du patrimoine culturel constitue une priorité. Il a déploré certaines occupations de l’espace considéré comme patrimonial et plaidé pour une prise de conscience collective.

Plusieurs collectivités rejoignent le mouvement

La troisième édition d’Ayinɔnxwé s’est distinguée par une participation accrue des différentes collectivités de la dynastie. Plusieurs groupes qui n’avaient pas pris part aux précédentes éditions ont rejoint le mouvement.

Pour Edmond Dohou, président du comité d’organisation, cette mobilisation constitue l’une des principales particularités de l’édition 2026. « Pour cette troisième édition des retrouvailles des fils et filles de la dynastie Ayinɔn, il y a une certaine particularité, parce que plusieurs collectivités nous ont rejoints. La fête est également couplée avec le Nuyɔyɔ », a-t-il souligné.

Cette dynamique témoigne, selon les organisateurs, d’un intérêt grandissant pour la sauvegarde et la valorisation de l’identité ayinon.

L’appel de la cour royale aux Ayinɔnvi

Présent à la manifestation, Sa Majesté Wèkè Tonon de la dynastie royale Ayinɔn Axɔlu Heelu, Axɔlu Agbanta Mayɔn xwekpɔn, a appelé l’ensemble des Ayinɔnvi à rejoindre le mouvement de sauvegarde du patrimoine ancestral.

S’exprimant depuis Ayinɔnkɔn, qu’il considère comme un site majeur de l’histoire de la dynastie, le souverain a rappelé le rôle de l’ancêtre dans la préservation et la transmission de la tradition. « Nous sommes à Ayinɔnkɔn, le siège mondial du campus de boologie, puisque celui qu’on appelle Ayinɔn, Axɔlu Heelu Agbanta Mayɔn xwekpɔn, s’est investi dans la tradition. Il a laissé tout ici. Nous, ses descendants, continuons de perpétuer ses œuvres », a-t-il déclaré. Avant d’adresser un message aux descendants : « Je demande à tous les Ayinɔnvi de rejoindre le mouvement. Car c’est à l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle », a-t-il lancé.

Les organisateurs sollicitent l’appui des autorités locales

Face à l’ampleur croissante de la manifestation, le comité d’organisation souhaite désormais un accompagnement plus important des pouvoirs publics, notamment des autorités communales.

Edmond Dohou estime que le développement de cette fête identitaire nécessite davantage de moyens logistiques afin d’assurer son organisation dans de meilleures conditions au cours des prochaines éditions. « Vu la dimension que prend cette fête, nous demandons l’accompagnement des autorités locales pour mieux l’organiser les années à venir. Si notre mairie peut prendre en charge la logistique, cela nous soulagerait beaucoup », a-t-il plaidé.

À travers Ayinɔnxwé et Nuyɔyɔ, les organisateurs entendent donc faire de la célébration un rendez-vous annuel majeur de la communauté, mais aussi un cadre de transmission de l’histoire, des rites et des valeurs ancestrales aux nouvelles générations.

Déterminés à sauvegarder le patrimoine

À Vakon-Gbo, la troisième édition aura ainsi été à la fois une fête, un moment de communion et un plaidoyer pour la sauvegarde d’un patrimoine que les Ayinɔnvi considèrent comme constitutif de leur identité. C’est pourquoi, dans son intervention, Germain Akotègnon a lancé un cri d’alerte face à la dégradation et aux occupations jugées incompatibles avec la dignité du site. Au nom de l’Organisation des Élites pour la Sauvegarde du Patrimoine Ancestral (OESPA), il affirme la volonté de restaurer la noblesse de la dynastie et de protéger les traces matérielles et immatérielles laissées par les ancêtres. Le message central est sans équivoque : préserver ce patrimoine n’est pas seulement regarder le passé, mais assumer une responsabilité envers les générations futures.

Laurent HOUNDENOU

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